Beignets de bringelle 974, ma recette croustillante à souhait
En sortant de l’école, je fonçais directement à la cuisine.
Ma mère Chantal avait sa poêle d’huile déjà sur le feu, et moi je m’installais juste à côté, à attendre les premières tranches de bringelle bien dorées. Elle me laissait toujours en piquer une avant tout le monde, encore trop chaude, en me disant de souffler dessus.
Cette version-là, je l’ai retrouvée des années plus tard dans un vieux carnet de recettes. Je l’ai testée telle quelle, puis j’y ai glissé mon petit truc à moi (vous verrez plus bas).
Aujourd’hui, c’est devenu mon réflexe du vendredi soir quand des amis passent à l’improviste : ça se prépare vite, ça se grignote debout à l’apéro, et je les mange avec un rougail tomate bien relevé ou un rhum arrangé bien frais.
Beignets de bringelle 974 : la recette
Chez nous, la bringelle, c’est simplement l’aubergine.
On la retrouve dans plein de plats réunionnais : pilée dans ma version en rougail toute simple, mijotée en cari de boucané, et bien sûr frite en beignets.
C’est un des goûters ou apéritifs les plus faciles à préparer, et pourtant on le trouve rarement bien expliqué.
Si vous avez acheté plus de bringelles que nécessaire, gardez les tranches en trop pour un rougail, ou congelez-les pour une prochaine fois.
Beignets de bringelle 974
Difficulté : Facile4 à 5
personnes20
minutes15
minutesIngrédients
3 ou 4 bringelles (aubergines)
Sel et poivre
Un petit bouquet d'oignons verts (ciboule)
- Pour la pâte à beignets
250 g de farine
2 pincées de sel
1 sachet de levure chimique
1 œuf entier
20 cl d'eau gazeuse très froide (à la place d'eau plate, pour une pâte plus légère et croustillante)
Instructions
- Préparer la farce
- Laver puis couper les bringelles en tranches d'environ 1 cm d'épaisseur.
- Laisser tremper les tranches dans un bol d'eau salée le temps de préparer la pâte à beignets.
- Préparer la pâte à beignets
- Placer la farine, le sel et la levure dans un bol, faire un puits et ajouter l'œuf.
- Mélanger bien le tout en ajoutant l'eau gazeuse très froide petit à petit, afin d'obtenir une pâte onctueuse.
- Hacher les oignons verts assez finement et les ajouter à la pâte à beignets.
- La friture
- Faire chauffer un bain d'huile à feu vif.
- Tremper une tranche de bringelle dans la pâte à beignets et la placer dans l'huile bien chaude. Faire la même opération pour les autres tranches.
- Laisser frire à feu moyen pour qu'ils prennent une belle couleur ambrée.
- Pour finir, les placer sur du papier absorbant pour enlever l'excès d'huile et déguster.
Pourquoi faire dégorger la bringelle avant de la frire ?
C’est l’étape que tout le monde connaît sans forcément savoir pourquoi on la fait.
La bringelle a une chair un peu spongieuse, pleine d’eau, et parfois légèrement amère selon les fruits.
En laissant tremper les tranches dans l’eau salée le temps de préparer la pâte, deux choses se passent : l’eau salée fait ressortir une partie de l’amertume, et surtout, elle évite que la tranche ne rende trop d’eau une fois plongée dans l’huile chaude.
Résultat concret : la pâte adhère mieux, elle ne se détache pas à la cuisson, et le beignet reste croustillant plus longtemps au lieu de ramollir cinq minutes après la friture.
Chez moi, je compte à peu près le temps de préparer la pâte à beignets, soit une dizaine de minutes. Pas besoin de laisser tremper des heures.
Le petit truc pour une pâte encore plus légère
Là où beaucoup de recettes s’arrêtent à de l’eau très froide, moi j’utilise de l’eau gazeuse bien froide à la place.
C’est une astuce que m’a montrée une copine qui fait beaucoup de tempura, et depuis je ne reviens plus en arrière.
Les bulles créent de minuscules poches d’air dans la pâte.
À la friture, ces poches gonflent d’un coup sous la chaleur, ce qui donne une pâte beaucoup plus légère et alvéolée, presque soufflée, au lieu d’une croûte compacte.
Le goût ne change pas, seule la texture devient plus fine et plus croustillante.
Pourquoi changer de feu en cours de friture ?
Premier bain à feu vif, puis on baisse à feu moyen pour la cuisson : ce n’est pas un hasard.
Le feu vif au moment de plonger la tranche saisit tout de suite la pâte : elle se fige et forme sa croûte sans avoir le temps de s’imbiber d’huile.
Si on gardait ce feu vif jusqu’au bout, l’extérieur brûlerait avant que l’intérieur de la bringelle n’ait cuit.
En baissant à feu moyen juste après, la chaleur a le temps de traverser la tranche en douceur, jusqu’à ce qu’elle devienne fondante, pendant que la croûte déjà formée continue de dorer tranquillement.
Avec quoi déguster ces beignets ?
Chez Chantal, on les mangeait souvent nature, encore chauds, sans rien d’autre.
Mais si vous voulez les servir en apéritif, un petit accompagnement change tout.
Un rougail tomate bien relevé fonctionne très bien : l’acidité de la tomate et le piquant du piment viennent contraster avec le côté fondant et un peu doux de la bringelle.
Une sauce pimentée simple (piment, vinaigre, un peu d’ail) marche aussi très bien pour ceux qui aiment que ça pique davantage.
Si vous préférez plus doux, un dip au yaourt, ciboule ciselée et filet de citron, plaît à tout le monde, enfants compris.
Questions fréquentes sur les beignets de bringelle
Le trempage dans l’eau salée fait ressortir une partie de l’amertume et évite que la tranche ne rende trop d’eau à la cuisson. La pâte adhère mieux et le beignet reste croustillant plus longtemps.
Oui, et c’est même recommandé : l’eau gazeuse bien froide rend la pâte plus légère et plus croustillante grâce aux petites bulles qui créent des poches d’air à la cuisson. Le goût reste le même, seule la texture change.
Le feu vif au départ fige rapidement la pâte pour former la croûte sans qu’elle s’imbibe d’huile. Le feu moyen ensuite laisse la chaleur traverser la tranche en douceur jusqu’à ce qu’elle soit fondante, sans brûler l’extérieur.
Un rougail tomate relevé ou une sauce pimentée simple fonctionnent très bien pour contraster avec le côté fondant de la bringelle. Pour une version plus douce, un dip au yaourt avec de la ciboule et un filet de citron plaît à tout le monde.
Il vaut mieux la préparer juste avant la friture, pendant le temps de dégorgement de la bringelle. Une pâte qui attend trop longtemps, surtout avec de l’eau gazeuse, perd une partie de ses bulles et donc de son croustillant.
Encore aujourd’hui, l’odeur de la friture me ramène direct chez ma mère, et à cette première tranche piquée en cachette avant tout le monde.
Si vous testez le coup de l’eau gazeuse, dites-moi ce que vous en pensez.
Rédigé avec passion et authenticité par Jade, amoureuse de la cuisine réunionnaise et toujours en quête de nouvelles saveurs à partager.


