Bonbon miel réunionnais : la recette de la douceur 974
Chez nous, la kermesse de l’école ne sentait pas le pop-corn, elle sentait le sirop qui bout. Ma mère passait sa matinée devant la marmite, un entonnoir à la main pour faire couler la pâte en petites spirales dans l’huile, avant de plonger chaque beignet tout juste frit dans un sirop encore tiède, et moi je tournais autour en essayant d’en voler un avant qu’il ait fini de tremper. Aha, cela n’a pas changé d’ailleurs ;).
Le bonbon miel, c’est exactement ça pour moi : une odeur de fête, une friture qui crépite au contact du sirop froid, et une texture qui n’existe nulle part ailleurs, croustillante dehors et moelleuse dedans.
Si vous ne l’avez jamais goûté, imaginez un petit beignet, pas très sucré tout seul, qu’on vient gorger de sirop au miel juste après la friture. Le résultat n’a rien à voir avec un simple beignet sucré : le contraste de température fait toute la texture.
D’où vient le bonbon miel réunionnais ?
Impossible de vous donner une date précise, personne dans ma famille ne s’est jamais posé la question à table. Mais la technique, avec ses deux farines et sa friture trempée dans un sirop, ressemble beaucoup à des confiseries qu’on trouve aussi du côté de la Chine et de Maurice.
Ce n’est pas un hasard : La Réunion s’est construite avec des apports venus de partout, et la cuisine chinoise en particulier a laissé sa marque dans plusieurs de nos confiseries. Le bonbon miel en fait sûrement partie, même si chez nous, il a fini par devenir un classique des kermesses et des fêtes de famille, sans étiquette d’origine sur le sachet.
Bonbon Miel Réunionnais
Difficulté : Facile25
bonbons20
minutes25
minutesIngrédients
200 g de farine de blé
100 g de farine de riz
5 g de levure de boulanger
1 sachet de sucre vanillé
1 pincée de sel
30 ml d'huile de tournesol
220 ml d'eau tiède, environ
250 g de sucre roux (pour le sirop)
3 cuillères à soupe de miel liquide
300 ml d'eau (pour le sirop)
1 gousse de vanille fendue (facultatif)
Huile de tournesol, pour la friture
Instructions
- Mélangez la farine de blé, la farine de riz, la levure, le sucre vanillé et le sel dans un saladier.
- Ajoutez l'huile puis l'eau tiède petit à petit, en fouettant, jusqu'à obtenir une pâte fluide et lisse, un peu comme une pâte à crêpe épaisse.
- Couvrez et laissez reposer 1 heure à température ambiante, le temps que la pâte gonfle un peu.
- Pendant ce temps, préparez le sirop : sucre roux, eau, miel et vanille dans une casserole, à petit bouillon pendant 20 minutes environ, jusqu'à obtenir un sirop qui reste liquide, pas épais. Laissez refroidir.
- Versez la pâte dans un entonnoir (ou une poche à douille), et laissez-la couler dans l'huile chaude en formant un rond, comme une petite spirale, sans lever l'entonnoir en cours de route.
- Faites chauffer l'huile de friture à feu moyen, sans qu'elle fume (2 à 3 cm de profondeur suffisent), et faites frire chaque spirale 4 à 5 minutes de chaque côté, jusqu'à ce qu'elle soit bien dorée.
- Plongez chaque bonbon encore chaud directement dans le sirop froid ou tiède : c'est ce contact chaud-froid qui fait toute la texture. Laissez tremper 10 minutes en les retournant.
- Égouttez sur une grille au moins 1 heure avant de déguster, le temps que la croûte devienne légèrement croustillante.
Le secret, c’est le contraste chaud-froid
La première fois que j’ai raté mes bonbons miel toute seule à Lyon, j’avais laissé refroidir les beignets avant de les tremper dans le sirop. Résultat : une pâte qui reste sèche, et un sirop qui glisse dessus sans jamais y entrer.
J’ai rappelé ma mère, un peu vexée, et elle m’a juste dit ce qu’elle me répétait déjà devant la marmite de la kermesse : le beignet doit être encore chaud quand il plonge dans le sirop. C’est ce choc de température qui fait crépiter le sucre et pénétrer le sirop dans la pâte, pas juste le temps de trempage.
Mes conseils pour des bonbons miel réussis
Chez nous, la pâte se verse à l’entonnoir directement dans l’huile, en formant un rond sans jamais le lever : c’est ce geste qui donne cette forme en spirale, bien différente d’un beignet rond classique. Pas besoin d’emporte-pièce ni de plan de travail fariné.
Ne faites pas frire l’huile trop chaude : le beignet dorerait trop vite à l’extérieur sans cuire à cœur. Un feu moyen, avec quelques minutes de chaque côté, donne un résultat bien plus régulier.
Le sirop doit rester liquide, presque comme de l’eau sucrée, pas épais comme un caramel. S’il épaissit trop en cuisant, il n’entrera plus dans la pâte et restera juste collé en surface.
Chez Chantal, on laissait toujours les bonbons s’égoutter sur une grille au moins une heure avant d’y toucher, même si personne ne tenait vraiment cette promesse jusqu’au bout. C’est ce temps de repos qui laisse la croûte redevenir légèrement croustillante.
D’autres douceurs 974 à tester ?
Le bonbon miel n’est pas la seule friandise que je retrouve dans mes souvenirs de kermesse. Si le cœur vous en dit :
- Une autre confiserie frite tout aussi addictive : le bonbon banane, pour changer de parfum.
- Une confiserie plus rapide, sans friture cette fois : le bonbon coco, tout simple à préparer.
- Pour un goûter salé-sucré à l’ancienne : le macatia, notre pain sucré du quotidien.
Oui, il se conserve même mieux après quelques heures de repos. Gardez-le dans une boîte hermétique, à température ambiante, à l’abri de l’humidité qui ramollirait la croûte.
Vous pouvez la remplacer par de la farine de blé, mais vous perdrez un peu du croquant caractéristique. La farine de riz est ce qui donne cette texture particulière à l’extérieur.
C’est presque toujours parce que le beignet a refroidi avant d’être trempé, ou parce que le sirop a trop épaissi en cuisant. Il doit rester liquide, et le beignet doit être plongé encore chaud.
Oui, n’importe quel miel liquide fonctionne. Un miel de letchi ou un miel de baies roses donnera un parfum plus marqué, un miel toutes fleurs restera plus neutre.
Ce n’est pas l’idéal : le sirop a tendance à rendre de l’eau à la décongélation et la texture croustillante disparaît. Mieux vaut le préparer pour le déguster dans les jours qui suivent.
Le mot de la fin : le bonbon miel, c’est ma madeleine de Proust version friture, celle qui sent encore la kermesse de l’école quand j’y repense. Un peu de patience pour le sirop, et vous obtenez une douceur qui ne ressemble à aucune autre.


