Riz blanc créole : la vraie cuisson réunionnaise, à la marmite
Sur l’île de La Réunion, il y a toujours une marmite de riz sur le feu. On soulève le couvercle, la vapeur monte, les grains sont blancs, bien détachés, légèrement brillants, et ils embaument doucement la cuisine. Autour, tout le reste peut changer, cari, rougail ou grains ; le riz, lui, est toujours là.
Pourtant, réussir un riz blanc créole n’a rien d’évident. Trop d’eau et il colle, pas assez et il reste croquant, on remue et il devient pâteux. Voici ma recette du riz blanc créole, cuit à la marmite comme chez nous, avec la mesure d’eau de ma mère et les gestes qui font des grains bien détachés.
En bref : 5 minutes de préparation, une vingtaine de minutes de cuisson, pour 4 personnes. Mes secrets : rincer le riz, une demi-phalange d’eau au-dessus, bouillir à couvert, remuer une seule fois, puis feu très doux sans plus y toucher. Aller directement à la recette
Riz créole, riz à la créole, riz réunionnais : de quoi parle-t-on ?
Si vous cherchez une recette de riz créole, vous allez tomber sur des méthodes qui se contredisent, et c’est normal : trois choses différentes portent presque le même nom.
En cuisine française, le riz à la créole désigne une cuisson à grande eau : on plonge le riz dans beaucoup d’eau bouillante salée, comme des pâtes, puis on l’égoutte. À La Réunion, le riz blanc de tous les jours se cuit tout autrement, à la marmite et par absorption : juste la quantité d’eau que le riz va boire, et rien à égoutter. C’est ce qui lui donne son goût et sa tenue.
| Riz à la créole (cuisine française) | Riz réunionnais (à la marmite) | |
|---|---|---|
| Eau | Beaucoup, comme pour des pâtes | Juste 1,3 fois le volume du riz |
| Cuisson | À gros bouillons, puis égoutté | Porté à ébullition, puis à feu très doux sans y toucher |
| Grains | Très séparés, un peu secs | Détachés, moelleux, légèrement brillants |
| Au fond | Rien | Parfois un peu de grillé, que certains adorent |
| Avec quoi | Accompagnement à la française | Caris, rougails, grains |
Les deux sont bonnes, mais si vous voulez le riz qui va sous un cari de poulet ou un rougail saucisses, c’est la cuisson réunionnaise qu’il vous faut. C’est celle que je vous donne ici.
Ma recette du riz blanc créole réunionnais
Riz blanc créole réunionnais
Plat : AccompagnementDifficulté : Facile4
personnes5
minutes20
minutesLe riz blanc créole à la réunionnaise : un riz long grain rincé, porté à ébullition couvert, remué une fois, puis cuit à feu très doux jusqu'à ce qu'il ait bu toute l'eau. L'accompagnement de tous les caris et rougails.
Ingrédients
300 g de riz long grain ou de basmati (2 verres)
50 cl d'eau froide (environ 1,3 fois le volume du riz, ou une demi-phalange au-dessus du riz)
1 pincée de sel (facultatif)
Instructions
- Rincez le riz long grain dans un saladier d'eau froide en le frottant entre vos mains, deux ou trois fois, jusqu'à ce que l'eau soit presque claire. Égouttez bien.
- Versez le riz dans une marmite avec l'eau froide (elle doit dépasser le riz d'une demi-phalange) et la pincée de sel si vous en mettez. Couvrez et portez à ébullition à feu vif (niveau 7 sur une plaque à induction).
- Retirez le couvercle dès que l'eau bout, et remuez une fois, en raclant le fond, pour décoller les grains.
- Baissez le feu au plus doux (niveau 2 sur l'induction) et n'y touchez plus : 12 à 15 minutes, jusqu'à ce que le riz ait bu toute l'eau et soit tendre.
- Égrenez le riz à la fourchette, en soulevant de bas en haut, et servez aussitôt.
Notes
- On ne remue qu'une fois, au moment de retirer le couvercle ; ensuite, plus jamais : c'est ce qui rend le riz collant.
- Pas de verre doseur ? L'eau doit recouvrir le riz d'une demi-phalange.
- Le riz cuit se garde 1 à 2 jours au réfrigérateur, mis au frais moins de 2 heures après la cuisson.
Quel riz choisir pour un riz blanc créole ?
Chez nous, on cuisine surtout du riz long grain. Ses grains restent bien séparés et absorbent la sauce sans s’écraser. Voici ce que je conseille, selon ce que vous trouvez :
- Le riz long grain : le plus simple et le plus proche du riz de tous les jours de l’île. Il tient bien et reste détaché.
- Le basmati : mon choix quand je veux un riz plus parfumé et plus léger. Ses grains s’allongent à la cuisson ; je reste bien sur la demi-phalange, pas plus.
- Le riz thaï parfumé : très bon, mais plus collant, avec un parfum de jasmin qui se remarque sous un cari.
- À éviter : le riz rond (fait pour les desserts et le risotto) et le riz étuvé, qui ne donne pas la même texture.
Comptez environ 75 g de riz cru par personne en accompagnement, et 100 g pour les gros appétits : un gazon de riz bien servi, comme on dit chez nous, c’est la base de l’assiette.
Ma façon de faire, geste par geste
Le riz blanc ne demande presque rien, sauf de respecter ces quelques gestes. Ce sont ceux que j’ai appris en regardant ma mère, et chacun a sa raison.
1. Je rince le riz, toujours
Je le rince dans un saladier d’eau froide en le frottant entre mes mains, deux ou trois fois, jusqu’à ce que l’eau soit presque claire. Ce voile blanc, c’est l’amidon en surface : laissé là, il colle les grains entre eux. Rincé, le riz ressort en grains bien séparés et brillants.
2. Je mesure l’eau à la demi-phalange
C’est la méthode de ma mère, et je n’en ai jamais trouvé de meilleure : je mets le riz dans la marmite, je verse l’eau froide, et je pose le bout du doigt sur le riz. L’eau doit le dépasser d’une demi-phalange. Pas de verre doseur, pas de calcul, et ça marche quelle que soit la quantité de riz.
Si vous préférez mesurer, cela revient à environ 1,3 fois le volume du riz en eau. Vous lirez souvent 1,5 ou 2 ailleurs : avec un riz bien rincé, cuit à feu doux, je trouve qu’on obtient alors un riz trop mou. Mieux vaut un peu moins d’eau, quitte à en rajouter une cuillère à la fin.
3. Je fais bouillir à couvert, à feu vif
Je couvre la marmite et je mets le feu à fond, au niveau 7 sur ma plaque à induction. Le couvercle fait monter l’eau à ébullition plus vite, sans qu’elle s’évapore : toute l’eau mesurée reste pour le riz.
4. Dès que ça bout, je découvre et je remue une fois
Quand l’eau bout et commence à soulever le couvercle, je l’enlève et je donne un seul coup de cuillère, en raclant bien le fond. Les grains qui avaient commencé à se poser se décollent, et le riz cuira de façon régulière. Une seule fois : c’est la dernière fois que j’y touche.
5. Je baisse au plus doux et je n’y touche plus
Je descends au niveau 2, et je laisse le riz boire son eau tranquillement, douze à quinze minutes. Les premières fois, je remuais encore par réflexe, pour que ça n’attache pas : j’obtenais un riz collant et cassé. Remuer libère l’amidon et écrase les grains ; à ce stade, le riz se débrouille très bien tout seul.
Il est prêt quand l’eau a disparu et que les grains sont tendres sous la dent. J’égrène alors à la fourchette, en soulevant de bas en haut, pour l’aérer sans l’écraser.
Le grillé au fond de la marmite
Au fond de la marmite, le riz qui a touché le métal finit parfois par dorer et former une fine croûte : le grillé. Il a un goût légèrement grillé, presque de noisette, et il craque sous la dent. Beaucoup de Réunionnais l’adorent et le grattent à la cuillère pour le servir avec un peu de sauce de cari.
Moi, honnêtement, ce n’est pas trop mon truc : je préfère un riz bien blanc et moelleux jusqu’au fond. Chacun ses goûts ! Si vous l’aimez, utilisez une marmite à fond épais et laissez-la quelques minutes de plus sur le feu doux, jusqu’à entendre le riz crépiter doucement. Si, comme moi, vous préférez l’éviter, gardez bien le feu au plus doux et retirez la marmite dès que l’eau a disparu.
Riz collant, pas cuit, brûlé : mes rattrapages
Un riz raté se rattrape presque toujours. Voici ce que je fais selon le problème :
| Le problème | La cause | Ce que je fais |
|---|---|---|
| Le riz colle | Pas assez rincé, trop d’eau, ou remué en cours de cuisson | Je l’étale sur un plat quelques minutes pour qu’il sèche ; la prochaine fois, je rince mieux et je ne remue pas |
| Il est encore croquant | Pas assez d’eau, ou feu trop fort | J’ajoute 5 cl d’eau bouillante, je couvre et je laisse 5 minutes à feu doux |
| Il est détrempé | Trop d’eau | J’ouvre et je laisse s’évaporer quelques minutes à feu très doux, sans remuer |
| Le fond a brûlé | Feu trop fort à la fin | Je prélève le riz du dessus sans gratter le fond ; un grillé doré se mange, un fond noir non |
Le riz chauffé 974, pour les restes du lendemain
Un reste de riz, chez nous, devient le lendemain du riz chauffé, un plat lontan qu’on aime autant que le riz du jour. Je fais revenir un oignon émincé et une gousse d’ail dans un peu d’huile, j’ajoute le riz froid, et je le laisse dorer en le retournant de temps en temps. Les grains deviennent légèrement croustillants : avec un œuf au plat, un reste de cari ou un rougail dakatine, c’est un repas tout simple et délicieux.
Un point important : le riz cuit ne doit pas traîner. Je le mets au réfrigérateur moins de deux heures après la cuisson, je le garde un à deux jours, et je ne le réchauffe qu’une fois, bien chaud. Laissé tiède à température ambiante, le riz cuit peut développer une bactérie qui résiste à la cuisson.
Avec quoi servir le riz blanc créole ?
Avec tout, ou presque. À La Réunion, le riz est au centre de l’assiette, et on compose autour : un plat en sauce, des grains, un rougail cru, parfois des brèdes. Voici mes accords préférés :
- Un cari : un cari de poulet, un cari de porc ou un cari thon, dont la sauce dorée nappe le riz.
- Un rougail : un rougail saucisses ou un rougail boucané, plus courts et plus rouges.
- Des grains : des grains, haricots rouges ou lentilles en sauce, versés à côté ou par-dessus.
- Un rougail cru : un rougail tomate pimenté, pour la fraîcheur.
- Des brèdes : des brèdes chou de Chine sautées à l’ail, pour le vert de l’assiette.
Et si vous voulez changer du riz blanc, essayez le zembrocal, un riz jaune au curcuma cuit avec des pommes de terre ou des haricots.
Vos questions sur le riz blanc créole
En cuisine française, le riz à la créole est cuit à grande eau puis égoutté. Le riz réunionnais se cuit à la marmite par absorption, avec environ 1,3 volume d’eau pour 1 volume de riz, sans rien égoutter.
Environ 1,3 volume d’eau pour un volume de riz. Sans verre doseur, la méthode de ma mère : l’eau doit dépasser le riz d’une demi-phalange.
Oui : deux ou trois rinçages à l’eau froide, jusqu’à ce que l’eau soit presque claire, retirent l’amidon de surface et donnent des grains bien détachés.
Environ 75 g de riz cru par personne en accompagnement, 100 g pour les gros appétits. 300 g suffisent pour 4.
Certains arrosent leurs plantes avec l’eau de rinçage ou de cuisson du riz, une fois refroidie. L’effet reste modeste : utilisez-la non salée, froide, de temps en temps, et jamais stagnante, car elle fermente vite.
Au réfrigérateur, moins de 2 heures après la cuisson, 1 à 2 jours au maximum. Réchauffez-le une seule fois, bien chaud, par exemple en riz chauffé à la poêle.
Le mot de la fin : un riz blanc créole réussi, c’est un riz rincé, une demi-phalange d’eau, et la patience de ne plus y toucher une fois le feu baissé. Faites-le une fois à la marmite, comme chez nous, et vous ne le ferez plus jamais autrement.
Et vous, comment mesurez-vous l’eau de votre riz : au verre ou à la phalange ? Dites-le-moi en commentaire.
Vous en voulez plus ? Découvrez mes grains péi, mon cari de poulet et tous mes accompagnements réunionnais.


