Cari de porc réunionnais dans une cocotte en fonte : cubes de porc dans une sauce tomate au curcuma, avec du riz blanc et des haricots rouges
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Cari de porc réunionnais : la recette de maman

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Aujourd’hui, je vous propose ma recette de cari de porc réunionnais, celle de ma maman. Des morceaux de porc dorés, des oignons bien roussis, de la tomate, de l’ail, du gingembre et un peu de curcuma, qui mijotent doucement jusqu’à une sauce qui nappe la viande. Quand la marmite est sur le feu, toute la cuisine sent La Réunion.

Je vais être honnête : le carry de porc tient en peu d’ingrédients, mais il ne pardonne pas une viande trop maigre ou une cuisson à moitié faite. Je vous montre comment je m’y prends, et pourquoi, pour que votre porc soit tendre et votre sauce bien parfumée dès la première fois.

En bref : 500 g d’échine ou d’épaule pour 4, un quart d’heure de préparation, une cinquantaine de minutes de cuisson. Mon secret : dorer la viande, faire roussir les oignons, puis laisser la sauce réduire à découvert. Aller directement à la recette

Le cari de porc 974, un classique de l’île de La Réunion

Le cari, c’est le plat du quotidien à La Réunion, et le cari de porc en est l’un des plus courants, avec le cari de poulet. En créole, on parle aussi de « cari cochon ». Et si vous voyez « carry porc 974 », c’est le numéro du département, que les Réunionnais aiment glisser dans le nom de leurs recettes.

La version que je vous donne est celle de ma maman : simple, sans poudre de curry, avec le curcuma qu’on appelle là-bas safran péi. C’est celle que je refais chez moi, et je vous explique chaque geste.

Ma recette du cari de porc réunionnais

Cari de porc réunionnais

Cari de porc réunionnais

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Plat : Plat principalDifficulté : Facile
Pour

4

personnes
Temps de préparation

15

minutes
Temps de cuisson

50

minutes

Le cari de porc réunionnais : des morceaux de porc dorés puis mijotés avec oignon, ail, gingembre, curcuma et tomate, jusqu'à une sauce épaisse. Servi avec du riz et des grains.

Ingrédients

  • 500 g de porc (échine ou épaule), en gros cubes

  • 5 tomates, hachées

  • 2 oignons, émincés

  • 2 gousses d'ail, écrasées

  • 1 morceau de gingembre frais (ou 1 pincée en poudre)

  • 1 branche de thym

  • ½ cuillère à café de curcuma

  • 3 cuillères à soupe d'huile

  • Sel

  • 2 ou 3 petits piments (facultatif)

Instructions

  • Faites dorer les morceaux de porc dans l'huile chaude, dans une cocotte, jusqu'à ce qu'ils soient bien colorés.
  • Ajoutez les oignons et laissez-les roussir à leur tour, sans brûler.
  • Incorporez l'ail et le gingembre écrasés, puis le curcuma : une minute à peine, en remuant. Dès que l'ail sent bon le roussi, passez à la suite : quelques secondes de plus et il brûle.
  • Ajoutez les tomates, le thym, le sel et, si vous aimez pimenté, 2 ou 3 petits piments. Mélangez bien.
  • Couvrez d'eau à hauteur et laissez mijoter à couvert, à feu doux, environ 40 minutes, jusqu'à ce que la viande soit tendre.
  • Retirez le couvercle en fin de cuisson pour laisser la sauce épaissir, puis servez avec du riz.

Notes

  • Choisissez un morceau un peu gras, comme l'échine ou l'épaule : trop maigre, le porc sèche à la cuisson.
  • Version express : coupez le porc en fines lamelles, faites-les dorer à part, et ne les ajoutez à la sauce que pour les 10 à 15 dernières minutes.
  • Le cari est encore meilleur réchauffé le lendemain, à feu doux.

Mes conseils, geste par geste

La recette tient en six étapes, mais chacune a une raison. Les comprendre, c’est pouvoir rattraper un cari au lieu de le subir.

Je fais dorer la viande, en deux fois si besoin. La croûte brune et les sucs qui accrochent au fond de la cocotte sont la première couche de goût de la sauce. Si la cocotte est trop pleine, la viande rend son eau et bout au lieu de dorer : elle reste grise. Prenez le temps, ça se sent dans l’assiette.

Je laisse roussir les oignons. En brunissant, ils deviennent sucrés et donnent à la sauce sa couleur ambrée. C’est le « roussi », la base de tous les caris, que je détaille dans ma sauce cari. Roussi ne veut pas dire brûlé : noirs, ils rendent la sauce amère.

L’ail et le curcuma, une minute, pas plus. Leurs arômes se libèrent dans la matière grasse. Mais l’ail passe très vite de « roussi », qui embaume la cuisine, à « cramé », qui rend tout le cari amer. Je reste devant la cocotte et j’ajoute les tomates dès qu’il sent bon, puis je les laisse compoter quelques minutes.

De l’eau à hauteur, pas plus, et un feu doux. À gros bouillons, la viande se resserre et durcit. À petits frémissements, l’échine ou l’épaule fond, la viande devient tendre et la sauce se lie toute seule. Je termine à découvert : la sauce réduit et vient napper la viande au lieu de baigner autour.

Quel morceau de porc choisir pour un cari ?

Un cari mijote longtemps : il lui faut un morceau un peu gras, qui reste moelleux. Voici ce que je vous conseille, à feu doux et à couvert :

MorceauRésultatCuisson
ÉchineMoelleuse, juste assez grasse : la référence40 à 50 min
ÉpauleFondante, les morceaux se tiennent bien45 min à 1 h
PoitrineTrès fondante, sauce plus richeEnviron 1 h
Travers, jarretL’os parfume la sauce1 h à 1 h 15
Lamelles (échine, filet)Méthode express, voir ci-dessous10 à 15 min
Filet, longe en cubesTrop maigre : sèche en mijotantÀ éviter

Chez le boucher, je demande simplement « du porc pour un cari » : il vous orientera vers l’échine ou l’épaule. Coupez de gros cubes de taille égale, ils cuisent en même temps et ne se défont pas.

Cuisson longue ou cuisson express : deux écoles

Il y a deux façons d’obtenir un porc tendre, et elles sont opposées. Entre les deux, une viande qui cuit trop longtemps pour rester juteuse mais pas assez pour fondre devient dure : c’est la cause de la plupart des caris ratés.

La cuisson longue, celle de ma recette : de gros cubes d’échine ou d’épaule mijotent 40 minutes et plus, jusqu’à ce que la viande se défasse à la fourchette. Elle donne une sauce liée et parfumée par la viande.

La cuisson express : le porc, coupé en lamelles, est doré à part à la poêle. On prépare la sauce seule, puis on y ajoute la viande pour 10 à 15 minutes, pas plus. C’est la bonne méthode pour un morceau maigre comme le filet, et pour un cari de semaine. Elle nous a été rappelée en commentaire de cette recette, merci !

Les erreurs qui ratent un cari de porc (et comment les rattraper)

Pas de panique, la plupart se rattrapent. Voici les cas les plus courants, et ce que je fais :

  • La viande est dure : elle a bouilli trop fort, ou elle est restée à mi-chemin entre les deux cuissons. Pour de gros cubes, baissez le feu, ajoutez un fond d’eau et prolongez : un morceau gras finit toujours par s’attendrir.
  • La sauce est trop liquide : retirez le couvercle et laissez réduire, en remuant de temps en temps.
  • La sauce est pâle et fade : la viande n’a pas assez doré, ou les oignons pas assez roussi. Rectifiez le sel, et retenez que le goût se joue dans les dix premières minutes.
  • Le cari est amer : l’ail ou le curcuma ont brûlé. Un peu de tomate en plus adoucit ; la prochaine fois, baissez le feu avant l’ail.
  • La sauce attache au fond : décollez avec une cuillère en bois et un petit fond d’eau, sans gratter les parties noircies.

Cari, carry, curry : réunionnais, mauricien ou antillais ?

C’est le même mot, écrit de plusieurs façons. Il vient du tamoul kari, qui désigne un plat mijoté, et à La Réunion on lit aussi bien « cari de porc » que « carry de porc » ou « carri de porc ».

Le cari réunionnais n’est pas un curry indien : il ne contient pas de poudre de curry. L’épice la plus proche du curry, chez nous, c’est le massalé, celle du cabri massalé. Si vous n’avez plus de curcuma, voici par quoi le remplacer.

Le carry mauricien, lui, contient généralement de la poudre de curry. Et si vous cherchez un cari de porc antillais, sachez qu’aux Antilles le plat cousin s’appelle plutôt le colombo, du nom de son mélange d’épices. Même famille, trois cuisines différentes.

Les variantes que je vous propose

La recette de base se suffit à elle-même, mais voici les versions qu’on croise le plus souvent à La Réunion :

  • Aux pommes de terre : en morceaux, quand la viande est presque cuite, pour un dernier quart d’heure. Prévoyez un peu plus d’eau, elles boivent la sauce.
  • Au chouchou : une fois les tomates compotées, avec moins d’eau, car il en rend beaucoup. Tout sur ce légume dans mon guide du chouchou.
  • Avec du porc fumé, c’est un autre classique : le rougail boucané.

Combien de porc par personne ?

Comptez 125 g de viande sans os par personne, comme dans la recette, et plutôt 200 g avec l’os (travers, jarret). Pour une grande tablée :

PersonnesPorc sans osTomatesOignons
6750 g7 ou 83
101,25 kg125
202,5 kg2510

Au-delà de 1 kg, je dore la viande en plusieurs fois, dans une marmite assez large pour que la sauce puisse réduire. Les temps de cuisson, eux, changent peu.

Comment servir un cari de porc à la réunionnaise ?

À La Réunion, un cari ne se mange jamais seul. Je compose l’assiette comme là-bas : le riz blanc au fond, les grains à côté (lentilles, haricots rouges ou pois du Cap), le cari par-dessus, et un rougail sur le bord, qu’on prend par petites touches. Le piment reste à part, pour que chacun dose.

Conserver le cari de porc : mes conseils

Je le trouve souvent meilleur le lendemain, quand les épices ont eu le temps de se fondre dans la sauce. Il se garde 2 à 3 jours au réfrigérateur, dans une boîte hermétique, et se congèle bien, en portions et sans les pommes de terre, qui deviennent farineuses.

Décongelez-le au réfrigérateur, puis réchauffez-le à feu doux, à la casserole, avec un fond d’eau si la sauce a trop épaissi. Ne réchauffez que ce que vous allez manger.

Vos questions sur le cari de porc

Comment savoir si le cari de porc est cuit ?

Coupez un morceau : la viande doit être blanche à cœur, sans trace rosée, et céder sous la fourchette. Si elle résiste encore, prolongez la cuisson à feu doux.

Pourquoi mon cari de porc est-il dur ?

Le plus souvent, la viande est restée entre deux cuissons : trop longtemps pour un porc en lamelles, pas assez pour de gros cubes. Soit vous ajoutez des lamelles dorées à la sauce pour 10 à 15 minutes seulement, soit vous laissez mijoter des cubes d’échine ou d’épaule à feu doux jusqu’à ce qu’ils soient fondants.

Peut-on faire le cari de porc à l’autocuiseur ?

Oui. Faites dorer la viande, roussir les oignons et compoter les tomates dans l’autocuiseur ouvert, puis fermez et comptez environ 20 minutes après la mise en pression. Terminez couvercle ouvert pour faire réduire la sauce.

Peut-on remplacer le porc par une autre viande ?

Oui, la méthode du cari fonctionne avec du poulet, du poisson ou des crevettes, seul le temps de cuisson change. Voyez mon cari de poulet, le cari de crevettes ou le cari thon.

Le cari de porc est-il très pimenté ?

Pas forcément : le piment est facultatif. Glissez 2 ou 3 petits piments entiers dans la marmite pour parfumer sans tout embraser, ou servez de la pâte de piment à côté.

Peut-on préparer le cari de porc la veille ?

Oui, et c’est même conseillé : réchauffé, il a plus de goût. Gardez-le au réfrigérateur et réchauffez-le doucement à la casserole.

Le mot de la fin : un bon cari de porc ne demande pas de technique compliquée, juste un morceau un peu gras, des oignons bien roussis et de la patience. Et si le vôtre est dur ou fade, racontez-moi en commentaire : on cherchera ensemble ce qui a coincé.

Vous en voulez plus ? Parcourez mes autres plats réunionnais, du rougail saucisses au cabri massalé, ou commencez par la base de tous les caris : ma sauce cari réunionnaise.

Jade est le nom de plume de l'autrice de Cuisine Réunionnaise, une passionnée qui cuisine et teste chaque recette réunionnaise avant de la publier, depuis 2022. En savoir plus sur Jade et le blog.

3 commentaires

  • guichard

    ça zistoire granmére Kal!!!!!! Pou fai cari tendre…. A moins zoreille pays, donc je continue en français…. La recette est le même que pour tous les rougails ou cari: la sauce est correcte, mais, dans les cases crèoles, ça commence à sentir trés bon l’ail « roussi »…..puis cramé!!! Le porc? Vous le faîtes dorer à la poele et vous l’ajoutez, à la fin de la préparation de la sauce,10 à 15 mns pour finir de le cuire et l’imprégner du goût des épices, pas plus, sinon il durcit!! Pensez à utiliser le porc en lamelles qui cuit encore plus vite. Pour accompagner, riz blanc bien sûr, et « rougail tomates »: un oignon haché, une tomate écrasée, du piment, des feuilles de combava ou du jus de ctron, une pincée de gros sel…. Bon app!!!!

  • Pierre LE HIR

    Bonjour, je viens de réaliser ce cari cochon. Bien que j’y aie mis tous les ingrédients nécessaires, je n’arrive pas à retrouver l’odeur et le parfun d’un bon cari réunionnais, comme lorsque mes amis de SAINT BENOIT le cuisinaient.

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