Cookeo ouvert sur un plan de travail en bois, la cuve pleine d'un rougail saucisse en sauce tomate, à côté d'une casserole de riz blanc
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Le Cookeo pour la cuisine réunionnaise : faut-il l’adopter ? Mon avis et mes temps

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J’ai mis longtemps à me mettre au Cookeo. J’ai grandi sur l’île de La Réunion, et la cuisine réunionnaise, pour moi, c’était la marmite sur le feu, le pilon, les oignons qu’on surveille à la cuillère en bois. Un robot qui bipe, avec son écran et ses programmes, j’avais du mal à y croire : ça avait tout du gadget moderne, pas très sexy, qu’on achète et qu’on range au fond d’un placard.

Et puis je l’ai essayé, et je dois bien l’avouer : dans la vraie vie, il m’est devenu indispensable. Pas pour remplacer la cuisine lontan, mais pour tous les soirs où je n’ai pas le temps. Rougail saucisse, cari poulet, cabri massalé, grains : je fais tout dedans quand la semaine est chargée, et le gain de temps est spectaculaire.

Alors, le Cookeo pour la cuisine réunionnaise, faut-il l’adopter ? Je vous donne mon avis honnête, ce qu’il change vraiment, ce qu’on perd et ce qu’on ne perd pas par rapport à la marmite, et pour qui il vaut vraiment le coup.

En bref : oui, si vous voulez manger péi en semaine sans y passer la soirée. Le Cookeo divise par trois ou quatre le temps de cuisson des caris, des rougails et des grains, sans rien sacrifier du goût si l’on garde le roussi. Non, si vous ne cuisinez réunionnais que le week-end pour le plaisir, ou si vous avez déjà une bonne cocotte-minute.

Ce que le Cookeo change vraiment : le temps

Le Cookeo est un multicuiseur, mais pour nos plats, sa fonction utile est la cuisson sous pression, exactement comme une cocotte-minute. Une fois le couvercle verrouillé, la pression monte et l’eau bout au-delà de 100 °C : la viande s’attendrit et les légumes secs cuisent beaucoup plus vite qu’à la marmite.

Et c’est là qu’il est imbattable. Un cabri massalé qui demande une heure et demie à deux heures de mijotage se fait en une demi-heure. Des grains qui frémissent une bonne heure sont prêts en moins de trente minutes. Voici mes temps de cuisson au Cookeo, comparés à ceux de nos recettes à la marmite :

PlatÀ la marmiteAu Cookeo, sous pression
Cari pouletEnviron 1 hEnviron 15 min
Rougail saucisseUn peu moins d’1 h10 à 12 min
Cari de porcUne cinquantaine de minutesEnviron 20 min
Cabri massalé1 h 30 à 2 h30 à 35 min
Grains (haricots rouges trempés)1 h à 1 h 3025 à 30 min
Lentilles20 à 30 minUne dizaine de minutes

Ces temps comptent à partir du moment où la pression est atteinte. Ajoutez une dizaine de minutes pour la montée en pression et la décompression, et le quart d’heure du roussi au départ. Ce sont des repères : selon le modèle, la taille des morceaux et la quantité, je vérifie toujours la viande à la fourchette, et je relance cinq minutes si elle résiste.

Ce que j’y gagne, un soir de semaine

Le tableau ne dit pas tout. Ce qui a changé ma façon de cuisiner, c’est ce que ces minutes gagnées rendent possible.

Un cari un mardi soir. Avant, un cari de poulet en semaine, c’était une heure et quart entre la planche à découper et l’assiette : autant dire jamais. Au Cookeo, je compte trois quarts d’heure en tout, roussi et réduction compris, dont plus de la moitié où je n’ai rien à faire. Le temps de cuire le riz et de préparer un rougail tomate, et on passe à table.

Je ne reste plus collée à la marmite. Un cari qui mijote, il faut le surveiller, remuer pour qu’il n’attache pas, rajouter un fond d’eau. Une fois le Cookeo fermé, il s’occupe de tout, puis il garde le plat au chaud. Je peux préparer le rougail, mettre la table ou ranger la cuisine pendant que le cari cuit.

Les plats longs redeviennent possibles en semaine. Le cabri massalé, le cari de porc ou les grains, je les réservais au week-end. Aujourd’hui, ils reviennent un mercredi soir sans que j’aie eu à anticiper ma journée.

Les grandes quantités sans y passer l’après-midi. Pour une tablée ou pour avoir des restes les jours suivants, rien n’empêche de lancer deux fournées d’affilée. Un cari se garde très bien deux ou trois jours au réfrigérateur, et il est souvent encore meilleur le lendemain.

Et le goût, dans tout ça ?

C’était ma grande crainte, et c’est la question qu’on se pose tous quand on est attaché à la marmite. Ma réponse, aujourd’hui : le goût ne se perd pas si l’on garde le roussi. Ce qui fait un bon cari, ce n’est pas le temps passé à mijoter, c’est l’oignon bien roussi, la viande dorée et la sauce réduite. Ces trois étapes se font couvercle ouvert, en mode dorer, et le Cookeo ne les fait pas à votre place.

C’est l’erreur que j’ai faite au début, et celle que font beaucoup de recettes de cari au Cookeo : tout mettre dans la cuve, fermer et lancer. On obtient une viande cuite, mais une sauce pâle et sans relief. Voici comment je procède :

  1. Je fais dorer la viande en mode dorer, en deux fois si la cuve est pleine. Entassée, elle rend son eau et bout au lieu de colorer.
  2. Je fais roussir les oignons dans la même cuve, sans me presser, puis l’ail, le gingembre et le curcuma, une minute à peine.
  3. Je déglace avec les tomates, en grattant le fond : les sucs qui accrochent, c’est la première couche de saveur.
  4. Je mets peu de liquide, juste ce qu’il faut pour que l’appareil monte en pression. Sous le couvercle, rien ne s’évapore : avec autant d’eau qu’à la marmite, la sauce serait délavée.
  5. Je ferme, je lance la cuisson sous pression, puis je repasse en mode dorer quelques minutes, couvercle ouvert, pour réduire la sauce jusqu’à ce qu’elle nappe.

Avec cette méthode, n’importe quelle recette réunionnaise ou créole en sauce se transpose au Cookeo. Je ne vois pas de différence avec la marmite, sauf une : sous pression, la viande devient très tendre, et un poulet trop longtemps cuit se défait. Mieux vaut un temps un peu court, quitte à relancer cinq minutes.

Marmite ou Cookeo : le face-à-face pour la cuisine 974

Pour vous aider à y voir clair, voici comment je compare les deux, sur ce qui compte vraiment au quotidien :

À la marmiteAu Cookeo
Temps de cuissonLong : 1 h à 2 h pour un cari ou des grainsTrois à quatre fois plus court
SurveillanceRemuer, ajouter de l’eau, éviter que ça attacheAucune une fois fermé, maintien au chaud
GoûtLa référenceIdentique si l’on fait bien le roussi
SauceRéduit toute seule en mijotantÀ réduire à la fin, couvercle ouvert
Goûter en cours de routeÀ tout momentImpossible pendant la pression
NettoyageFond souvent attaché, à faire tremperCuve, joint, récupérateur : 5 minutes
PlaisirCelui du mijotage du dimancheCelui de manger péi un soir de semaine

Vous l’aurez compris : je ne les oppose pas. La marmite garde le plaisir et le rythme du week-end ; le Cookeo, lui, ramène la cuisine réunionnaise dans la semaine. C’est ça, sa vraie valeur.

Comment nettoyer un Cookeo après un cari ?

Il faut être honnête : un Cookeo compte plus de pièces à laver qu’une marmite. Voici ce que je fais après chaque utilisation, en cinq minutes environ :

  • La cuve : je la sors dès qu’elle a un peu refroidi et je la lave à l’eau chaude savonneuse. Son revêtement antiadhésif la rend bien plus facile à nettoyer qu’une marmite où le roussi a attaché ; selon le modèle, elle passe au lave-vaisselle.
  • Le joint du couvercle : je le retire et je le rince. C’est lui qui garde l’odeur du cari ; si on l’oublie, le plat suivant en profite.
  • La soupape : je vérifie qu’aucun morceau d’oignon ou de tomate ne la bouche, et je la rince sous le robinet.
  • Le récupérateur de condensation : ce petit réservoir à l’arrière recueille l’eau et le jus qui s’échappent pendant la cuisson. Je le vide et je le rince à chaque fois.
  • Le couvercle : un coup d’éponge à l’intérieur, et je laisse l’appareil ouvert pour qu’il sèche et ne garde pas d’odeur.

Au final, ce n’est pas plus long que de laver les casseroles, la marmite et la poêle qu’on salit pour un repas péi. C’est juste une autre habitude, que je prends pendant que le cari réduit.

Faut-il passer au Cookeo ? Mon avis selon votre façon de cuisiner

Avec le recul, voici à qui je le conseille, et à qui je ne le conseille pas.

Je vous le conseille si vous aimez la cuisine réunionnaise mais que vos soirées sont courtes, si vous cuisinez pour une famille, si vous voulez remettre au menu les plats longs comme le cabri ou les grains, ou si vous aimez préparer à l’avance pour la semaine. C’est exactement mon cas, et c’est là qu’il change la vie.

Je ne vous le conseille pas si vous ne cuisinez péi que le week-end, quand le temps n’est pas un problème : la marmite fait aussi bien, et le plaisir du mijotage fait partie du repas. Ni si vous avez déjà une bonne cocotte-minute : le principe est le même, la cuisson sous pression, et les temps sont proches. Le Cookeo apporte surtout du confort (dorer dans la même cuve, programmes, maintien au chaud), pour un prix nettement plus élevé.

Par où commencer : mes conseils pour vos premiers plats

Si vous vous lancez, ne commencez pas par le plat le plus délicat. Voici l’ordre que je conseille :

  1. Le rougail saucisse, le plus indulgent : je garde le geste de mon rougail saucisses classique, saucisses blanchies et oignons bien roussis, puis 10 à 12 minutes sous pression.
  2. Les grains, pour mesurer le temps gagné : après la nuit de trempage, toujours 10 minutes d’ébullition franche couvercle ouvert pour les haricots rouges, comme dans ma recette de grains péi, puis 25 à 30 minutes sous pression.
  3. Le cari poulet, avec des morceaux sur l’os : ils restent moelleux, là où des cubes de blanc sèchent. Mon cari de poulet se fait sans vin et sans lait de coco.
  4. Le cabri massalé ou le cari de porc, enfin : ce sont eux qui gagnent le plus de temps.

Pour le rougail saucisse, certains aiment faire griller les saucisses avant de les mettre en sauce : elles prennent une belle couleur et un petit goût grillé que le rougail garde. Si vous voulez les faire griller avant, à la plancha, le guide de Gaz Plancha vous dit quelle huile choisir pour qu’elles dorent sans brûler.

Et gardez la marmite, le pilon et la poêle pour ce que le Cookeo ne sait pas faire : les rougails crus comme le rougail tomate, les brèdes qui deviendraient une bouillie, les fritures et les achards.

Vos questions sur le Cookeo et la cuisine réunionnaise

Le Cookeo est-il utile pour la cuisine péi ?

Oui, surtout en semaine : il divise par trois ou quatre le temps de cuisson des caris, rougails et grains. Le goût reste le même si l’on fait dorer la viande et roussir les oignons avant de fermer.

Quel temps de cuisson pour un rougail saucisse au Cookeo ?

10 à 12 minutes sous pression, après avoir blanchi les saucisses et fait roussir les oignons. Terminez par quelques minutes en mode dorer pour épaissir la sauce.

Pourquoi mon cari au Cookeo est-il trop liquide ?

Parce que rien ne s’évapore sous pression. Mettez moins d’eau qu’à la marmite, et réduisez la sauce couvercle ouvert, en mode dorer, après la cuisson.

Comment cuire des haricots rouges au Cookeo ?

Après une nuit de trempage, faites-les bouillir franchement 10 minutes couvercle ouvert, puis 25 à 30 minutes sous pression. Gardez l’eau de cuisson pour la sauce.

Cookeo ou cocotte-minute pour les plats créoles ?

Le principe est le même, la cuisson sous pression, et les temps sont proches. Le Cookeo apporte du confort : on fait dorer dans la même cuve, la cuisson est programmée et le plat reste au chaud.

Le mot de la fin : je pensais que le Cookeo n’avait rien à faire dans une cuisine créole. Aujourd’hui, c’est lui qui me permet de manger un vrai cari un mardi soir, et la marmite attend le dimanche. Prenez le temps du roussi, gardez peu de liquide, et il vous rendra le même service.

Et vous, vous êtes plutôt marmite ou Cookeo ? Dites-moi en commentaire quel plat péi vous y faites.

Vous en voulez plus ? Retrouvez mes recettes de rougail saucisse, de cari poulet et de cabri massalé, et toutes mes astuces de cuisine.

Jade est le nom de plume de l'autrice de Cuisine Réunionnaise, une passionnée qui cuisine et teste chaque recette réunionnaise avant de la publier, depuis 2022. En savoir plus sur Jade et le blog.

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